Dans mon petit jardin...
Il y a des papillons qui rêvent
D'être des oiseaux
Il y a des amis qui rêvent
D'être des gouttes d'eau
Il y a des rêves qui rêvent
D'être des papillons
Il y a des oiseaux qui rêvent
De voler plus haut
Il y a des parfums qui rêvent
D'embaumer les fleurs
Et puis il y a des papillons
Qui rêvent d'être des gouttes d'eau
Qui vagabondent là-haut
Et enfin il y a des amis qui rêvent
De voler plus haut
Que le parfum des fleurs 
Baisers clapotis
C'est le quatrième clapotis après ton baiser qui me réveilla...
La Mer terminait le rêve d'écume entamé la veille au soir.
Tu tenais ma main.
Je savais que très bientôt tu partirais vers les iles.
Les Iles de l'autre côté du Monde,
ce Monde qui ne passe si loin au delà des limites de mes soixante-quatre mètres carrés.
Le cinquième clapotis me rassura.
Je savais dès lors que les Océans te consoleraient des chagrins.
J'espérais que tu ne m'oublierais pas...
Au sixième clapotis, la barque se frotta aux trois autres et commença une bien curieuse danse.
Un coup d'épaule tout doux.
Un coup de tête frotté.
Un coup de hanche discret.
Un coup d’œil foufou.
Au septième clapotis, tu étais partie... 
Un immense merci à Michèle Ulmann
Rêves de sable entre les doigts

La dune caresse le rivage
La lune festonne ton
visage
Mes mains voyagent sur ton
corps
En cartographie les
trésors
Mes rêves coulent sur le
sable
Richement plus fous que
raisonnables
Flottant de la nuit vers
le jour
Fleurant l'avenir d'amours
"Elles..."
Tout en rondeurs
Robe longue.
Peau luisante.
Moi :
Tout en émoi.
Regard insistant.
Mains vides.
Nous :
Je les dévêts.
Elles m’échappent.
J’insiste.
Puis…
Je les lave.
Je les tranche.
Elles transpirent.
Enfin…
Je les essuie.
Les caresse.
Les plonge.
C’est fait !
Les frites c’est bon.
Mais c’est long.
Long et bon.
Je te suis, jolie brune.
Silhouette de lune.
Je te suis, jolie brune.
Bruit du trousseau de clés.
Une porte qui s’ouvre.
Le facteur est passé.
La lettre est parfumée.
Mon horizon se couvre.
Le feuillet se déplie.
Silhouette de rides.
Je te lis, jolie plume.
Bruit du cœur qui se vide.
Cri de joie dans le lit.
Le bonheur est passé.
Les rêves sont fanés.
Et mon front se découvre.

Me poser sur le banc de pierre
Me poser sur le banc de pierre
Et regarder le monde qui passe
Sous les nuages blancs
Me poser sous les voûtes de lierre
Et percevoir le temps qui s’efface
Sous les caresses du vent
Je ne voudrais pas finir mon chemin
Sans t’avoir écrit une dernière fois
Le meilleur de mes mots.
L’ultime été de mes papillons
A hissé un mouvant pavillon
Qui enchante les respirations du vent
Me poser aux côtés d’une âme fière
Et lui laisser signer la préface
Sous les applaudissements.
J’ai fait un rêve...
Mon jardin se défait des brumes du matin
Et les premiers rayons s’y installent sans bruit
La main dans les cheveux j’attends que tu te lèves
J’écoute ton haleine aller puis revenir
Dans l’odeur des draps frais, la tête entre les mains
S’en est allé tout doux le sable de la nuit
Voyageuse des ombres, laisse couler la sève
Qui coule dans tes veines et qui te fait rosir.
Si je t’entends rêver, invoquant des rivages
Que le jour tu ignores et ne peux donc cacher
Alors ma nuit se tait en me fermant les yeux
Me soudant les paupières sur un sourire de toi
Cachant toutes mes rides témoin de mon grand âge
Camouflant sans les mots les sentiments cachés
Taisant la lumière et le blanc de mes cheveux
Au fond de notre lit, blottis sous notre toit.
Laissons la pluie chanter, laissons les temps passer !
L’errance de ma vie, les craintes sans amis
Ne seront plus ma mie que de gris souvenirs
Tu les as effacés d’un revers de baiser
Croque les jours qui passent, n’en laisse pas passer
Sans offrir un sourire, sans penser à l’ami
Dont la fidélité ne pourra te trahir
Ni jamais oublier le goût de tes baisers.
Matins
Matin du jour suivant
Tu as les mêmes yeux
Peut-être un peu plus grands
Et moi je t’aime mieux
La fenêtre est ouverte
Grande sur la journée
Ta fraiche bouche offerte
N’attend que mes baisers
C’est l’heure des câlins
L’instant des frôlements
Ces moments incertains
Où règnent les amants
Matin du lendemain
Tu as le même cœur
Peut-être plus serein
L’âme remplie d’ardeur
Tu sais...
Tu sais, il y a des jours sans gout
Et des nuits blanches sans couleurs
Des flâneries en solitude
Et des balades sans lumières
Ceux qui se disent tes amis
Et qui s’envolent au courant d’air
Celles qui marchent sur les fleurs
Dès que tu leur tournes le dos.
Il y a les moments sacrés
Qui se tatouent au fond du cœur
Les victoires inavouées
Qui colorent les arcs-en-ciel
Les doux baisers qu’on n’oublie pas
Et les caresses glorieuses
Qui déplissent les vieilles mains
Aux délices des lendemains
Il y a les yeux de cet enfant
Que tu as croisé dans la rue
Le sourire de la dame en noir
Qui se faufile en souvenir
Les fruits que tu ne touches pas
Dans la corbeille de mariée
Et les gardiens de l’amitié
Si fidèles au pied du phare
Il y a la main qui tient la mienne
Plus douce que le dos des vents
Des mots qui jouent à se distraire
Dans la pénombre de tes rêves
Ceux qui demeurent des enfants
Et qui restent ici à jamais.
Laisse-moi lisser tes rondeurs
Dans les silences de demain

Silences
Me restent les silences et les moments d’oubli
À l’heure où la sentence ultime s’affranchit
Des heures oubliées sur le cadran des ombres
Que je veux te cacher avant que je ne sombre
Me reste le sourire et les regards compères
À l’instant où partir vers des lieux partenaires
Que j’ai tant négligés faute de cet amour
Si souvent délaissé sur le fil de mes jours
M’oublieras-tu Amie de mes nuits sans lumière
Étreinte inachevée, désir inassouvi,
Caresse inavouée, impulsion clandestine ?
Oublieras-tu Amie, chacune des misères
Que je t’ai fait subir à l’heure des soucis
Cachant tous les baisers fous que je te destine ?



