05 avril 2007
Chanson d’un improbable moment
Chanson d’un improbable moment Alors que mes pas s’allongeaient
L’interminable route dure
Ruban noir droit devant filait
Une longue femme aux yeux purs
De honte mes yeux se baissaient
Je suivis cette ombre fugace
Qui fendait les premières heures
D’une triste journée sans trace
Affûtée et longue à faire peur
Laissant un souvenir vivace
Pâle empreinte sur mon chemin
A jamais marqué d’un sourire
A peine caché de la main
Juste ce qu’il faut pour le lire
Et ne pas l’oublier demain
Perdue par le dernier virage
Une femme qui ressemblait
Telle une icône ou une image
A l’ombre de celle que j’aimais
Disparut dans le paysage
Ce regard que je n’oublie pas
Ce sourire qui marqua mon cœur
C’est toi qui ce soir-là passa
C’est moi que laissa le bonheur
C’est
nous que la vie sépara
01 avril 2007
La fontaine muette
La fontaine muette
Avec mon arrosoir, misérable fontaine,
Dont l’eau coule en bavant sur le jardin séchant,
Je répare à coup sûr les matins haletants
Et les jours brûlants sans haleine.
L’été s’en est allé et les pluies sont promises.
Les buissons qui frémissent, lentement se jaunissent.
Les épeires dorées quelques toiles esquissent
Et se nourriront dans la brise.
Que cherches-tu sur la toile endormie ?
Une sœur inconnue, une touche au clavier ?
Tu me fuis impromptu, vers un demain promis,
Mais tes petits malheurs à moi tu peux
confier.
31 mars 2007
Le coton de lumière
La
tempête fait rage et les blés sont couchés.
Le
coton de lumière dont tu t’es revêtu
Pour
venir dans mon lit contre moi te glisser
Est
plus doux que la soie en cachant ton corps nu.
Mes
yeux n’en peuvent plus et mes mains s’impatientent.
Le
bruissement des draps deviennent dans la nuit
Un
concert de louanges, caresses diligentes,
Vaguelettes
du Gange, superbe symphonie.
La
tempête fait rage et les blés sont couchés.
Le
vent bat le volet, l’eau lui coule dessus,
Le
jardin endormi se réveille apeuré
Les
éclairs illusoires découvrent ton corps nu.
Nos
doigts se sont croisés, nos peaux se sont touchées.
La
nuit racontera ce soir d’orage confus,
Longs
baisers échangés, étreintes exaltées,
Cet
amour si fort à l’Enfant ce soir conçu.
30 mars 2007
Dans mon jardin, à l’ombre de l’érable
Dans
mon jardin, à l’ombre de l’érable
Où
certains jours, à l’heure où je m’endors,
Vient
se cacher, souvenir admirable,
Le
doux rêve qui me côtoie encore,
Je
viens humer l’ambiance de demain,
Je
viens penser aux minutes futures.
Nul
ne pourra me tenir les deux mains
Nul
ne pourra salir mes pensées pures.
Mais
toi ma mie, tu te ris de mes chaînes.
Ton
grand amour, tu l’as déjà brûlé,
En
décuplant les forces de la haine.
Parfois,
brisée comme la flèche mortelle,
Tu
te penches sur d’anciens doux instants
Et
ta pensée, plus jamais éternelle,
Semble
calmer tes douleurs sans calmants.
Moi
je subis, sans que tu le devines,
Sautes
d’humeur et moments de folie.
Si
tu savais tout ce que j’imagine,
Moments
de grâce, tout seul au fond du lit.
Et
le matin, à l’heure où mes paupières
Font
la lisière sur un seul cillement
Entre
la nuit et le bain de lumière,
J’ouvre
mon cœur, sur toi, tout simplement.
Quand
tu allais, baignée dans tes couleurs,
Quand
tu allais, glissant sur le vélin,
Moi
j’attendais, espérant plein d’ardeur,
Apparaître
sur le blanc un dessin.
Je
me disais : « Que cela est léger !
Que
tout ceci s’envolera bientôt !
Ce
sont pour moi des traits noirs griffonnés
Sans
avenir. »
Me restent quelques
mots.